Je viens d’étriller un film français (Colt 45) alors cette chronique va rétablir l’équilibre naturel des choses.

Hier, je suis allé voir Les Combattants de Thomas Cailley. Le film a été plébiscité à la quinzaine des réalisateurs du dernier festival de Cannes. Cela signifie-t-il pour autant que le film est bon ? Je ne sais pas mais la bande annonce m’a attiré lorsque j’ai été voir Blue Ruin. Vous suivez ou j’ai déjà donné trop d’informations pour vos petits cerveaux de vacanciers endormis ? Ok, on y va…

309669_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Ce que je reproche souvent aux films français c’est leur manque d’ampleur, d’ambition, ce côté très nombriliste, franco-français. Ils sont trop souvent centrés autour de thèmes cents fois rabâchés.

Alors cette fois-ci, tous les grincheux, les rabat-joie et autre pisse-froid (moi y compris) en seront pour leur frais. Thomas Cailley et ses Combattants font souffler un vent frais et nouveau sur notre poussiéreux cinéma hexagonal. Comment ? En ayant pris soin d’écrire un scénario Original et original, d’engager de bons acteurs et en ayant du talent… Finalement ce n’est pas si compliqué de faire un bon film.

Thomas (Kevin Azaïs) travaille pour l’été dans la menuiserie familiale pour aider son grand frère suite à la mort de leur père. Madeleine (Adèle Haenel) s’entraîne tous les jours pour espérer intégrer prochainement le prestigieux 1° Régiment de Dragons Parachutistes (1° RDP). Madeleine et Thomas ont une rencontre « mordante » sur une plage, puis Thomas vient construire un abri de jardin chez les parents de Madeleine. Ces deux-là ne se quitteront plus…Et pour découvrir ce très joli film, il vous faudra vous rendre dans votre cinéma le plus proche (Ca vous fera lâcher la télé et sa cohorte de conneries estivales…).

Par la grâce d’une histoire simple et ancrée dans son époque, Thomas Cailley nous offre un des films français les plus enthousiasmants que j’ai vu depuis longtemps. Impossible de l’enfermer dans une catégorie. Mi comédie, mi fable (presque) naturaliste, voilà une œuvre sincère dont la justesse de ton et l’humour omniprésent vous redonnent la pêche.

Outre l’originalité du cadre (celui de l’engagement de l’armée française d’aujourd’hui),  la réussite du film doit énormément à ses deux jeunes acteurs principaux, formidables de naturel et de crédibilité. On rit, on rit encore et on est saisi par le talent de ce jeune réalisateur qui signe également des images d’une grande beauté, n’oubliant pas au passage que le cinéma est un art majeur et qu’il ne s’agit pas uniquement de raconter une histoire par les dialogues.

Mais alors pourquoi tant d’enthousiasme ? Des films français drôles, bien écrits et portés par des acteurs épatants, il y en a déjà eu. Tout simplement parce que le film possède un je-ne-sais-quoi d’unique. Il est drôle sans céder aux grosses ficelles pour faire rire, il est beau sans être chiant et il possède une sincérité évidente.

Les Combattants est l’œuvre d’un cinéaste à suivre et si je devais faire un parallèle je dirais comme le fut Ma vie en l’Air en 2005 pour Rémi Bezançon, dont on connaît la réussite ultérieure. On ne peut que souhaiter au film un grand succès et à Thomas Cailley la même trajectoire que son compère.