Mon cher et tendre, cinémaniaq à ses heures, subissant le syndrome de la page blanche m’a demandé d’écrire quelques lignes sur son blog…

Me voici donc, humblement…

Tout d’abord, le contexte : hier soir, dimanche de Pâques, sortie cinéma ce qui, chez nous, est devenu exceptionnel depuis la venue du petit dernier, né le 1er juillet 2016 (la grande a 3 ans, court partout, pose une question à la seconde et adore tirer la langue).

Ceci expliquant peut-être le syndrome évoqué ci-avant…

Déjà ce qui change :

AVANT : tiens un film vient de sortir, allons au cinéma ? OK !

APRES : tiens mamie est là ce week-end et nous propose de garder les petits ! Est-ce qu’il y a quelque chose au cinéma ? NON ? Tant pis, allons y quand même…

Voilà donc le décor planté.

Après avoir éliminé FAST & FURIOUS 8, BOULE & BILL 2 (sans manque de respect pour la BD), POWER RANGERS, GANGSTERDAM (…), etc. nous restait un choix à faire entre SPLIT de M. Night Shyamalan et CORPORATE de Nicolas Silhol.

Sans connaître les sujets mais après que mon cinémaniaq de mari m’ait indiqué que le dernier film de M. Night Shyamalan obtenait des critiques positives, je votais donc pour celui-ci et, comme toute démocratie conjugale qui se respecte, j’emportais haut la main les suffrages.

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A ce stade, je dois vous avertir que je n’ai pas la culture cinématographique de qui-vous-savez et que donc, ma modeste prose sera sans aucun doute moins fournie en références.

Quand on va voir un film de M. Night Shyamalan, il faut avant toute chose oublier SIXIEME SENS, son troisième film sorti au tout début de l’an 2000 (j’ai pas ses références mais j’ai GOOGLE quand même), qui a marqué tous les esprits.

Il fait parti de ces rares films qui sont si époustouflants en première vision et que l’on aimerait l’oublier pour pouvoir le revoir. Je doute que des lecteurs de ce blog ne l’aient pas vu mais dans le doute, je ne vous raconterai pas la fin. Ceux qui l’ont vu comprennent !

Les films suivants de M. Night Shyamalan semblent tenter de reproduire cet effet au risque de tracer trop gros le trait du surnaturel et vouloir surprendre à tout prix le spectateur pour perdre le fil d’une histoire crédible. Je pense à SIGNES, LE VILLAGE, PHENOMENES,.

Je n’ai pas vu tous ses autres films car effectivement, nous avons fini par nous essouffler.

Enfin donc, nous, parents de 2 petits enfants, pouvons aller au cinéma, après avoir transmis à une mamie, moins confiante qu’elle n’y laissait paraître, nos enfants, après avoir passé les caisses de ce cinéma qui ressemble d’avantage à un supermarché qu’à autre chose (et s’être acquitté d’un presque 30,00 euros que, oui, j’ai encore un peu en travers de la gorge tant les popcorns n’étaient pas vraiment bon eu égard au prix), nous voilà installés…

Et j’ai passé un très « bon »* moment !

Je ne connaissais pas le sujet du film et je pense que cela a beaucoup participé à mon « plaisir » car au départ, le spectateur a du mal à cerner ou comprendre l’intention ou « la personnalité » du personnage central (qui n’a pas qu’un nom). Ici, nous le nommerons Kévin.

Trois jeunes filles se font kidnapper sur un parking de supermarché et se réveillent enfermées dans une pièce avec 2 lits et une salle-de-bains. Kévin entre dans la pièce, attrape l’une d’elle pour l’emporter à l’extérieur ; une de ses accolites (Casey) lui murmure « fais toi pipi dessus » ; elle revient quelques poignées de secondes plus tard, sans dommages, après avoir appliqué les conseils de son amie.

Comment savait-elle ? Connaît-elle le ravisseur? Était-ce elle qui était visée ? Les 2 autres sont-elles là par erreur ?

Ça commence bien !

 

Le reste du film est construit avec délicatesse, aucune trame prévisible, les personnages et les personnalités se dévoilent peu à peu.

Apparaît le dernier personnage central du film, dont le rôle, là encore, se dévoile peu à peu. Une vieille dame que l’on comprend médecin, ou psychologue, et qui rencontre presque chaque jour Kévin.

Je ne dévoilerai sans doute rien à quiconque connaît le synopsis du film mais en fait Kévin est 23 : sommeillent en lui 23 personnalités qui s’alternent dont notamment Hedwig, enfant de 9 ans que Casey va essayer d’amadouer pour sortir de sa prison.

A ce stade, il est indispensable de saluer la prestation de James McAvoy ! C’est sans doute réécrire ce que beaucoup ont déjà écrit mais réellement, dans une même scène, être un enfant de 9 ans, puis une vieille dame, puis un couturier maniéré en passant par le quadra froid et méthodique tiens d’une prouesse que j’avais rarement pu apprécier et qu’il accomplit avec grand talent !

Pour terminer (oui déjà .. ou enfin peut-être), je conclurai en 3 points :

- tout le film se tient. Des détails du début du film se trouvent justifiés au fur et à mesure des événements ou des flash-back. Le scénario est cousu main. Les cadrages aussi (ça c’est mon mari qui le dit, moi j’avoue ne pas y prêter attention). Le point de départ de cette histoire fantastique est ancré dans la réalité (dédoublement de personnalités) et a su être manié sur le plan de la fiction avec doigté. Bref, je trouve que M. Night Shyamalan a su se défaire de SIXIEME SENS et l’égaler en qualité en étant sur un (presque) tout autre plan.

- sur le fond, le film parle des actes manqués, point commun aux différents personnages, qui ont joué un rôle déterminant dans l’histoire et l’intrigue (je ne rentre pas dans les détails, pour ceux qui n’ont pas vu le film).

- la fin (A NE PAS LIRE SI VOUS NE L’AVEZ PAS VU) : il n’a pas essayé de nous époustoufler au risque de gâcher ce qui avait été si bien amené au fur et à mesure. Tout juste un clin d’œil, en dernier plan, qui nous a donné envie de revoir INCASSABLE : notre séance canapé de ce soir !

J’espère à très vite, sous la plume de qui-vous-savez.

 

* les « ... » aident l’auteur à noter la subjectivité de ses propos.